À Montpellier, la guerre fait rage au centre de la vie politique. Photo d'illustration. AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA
À Montpellier, la guerre fait rage à l'approche des élections départementales. Et c'est un même camp, le centre, qui se déchire. L'affaire oppose Joseph Francis, président de la fédération départementale de l'UDI, et Anne Brissaud, élue municipale et membre fondateur de l'UDI jusqu'à sa suspension provisoire du parti fin février. Sa faute ? Avoir apporté son soutien à des candidats non investis par les instances nationales. Contactée par Le Point.fr, Anne Brissaud s'étonne de cette mesure brutale et dénonce une démarche opportuniste motivée par de vieilles rancunes.
L'affaire ressemble à s'y méprendre à un règlement de comptes. Pour en trouver les racines, il faut remonter jusqu'aux élections municipales de l'année dernière. Joseph Francis avait alors obtenu l'aval de Jean-Christophe Lagarde pour se présenter contre la liste conduite par Anne Brissaud. Cette dernière avait pourtant été investie par l'UDI et l'UMP. Au final, c'est elle qui obtient un siège au conseil municipal, mais sous l'étiquette de son association Montpellier au centre. Joseph Francis, lui, est reparti bredouille. Cette défaite, il ne l'aurait jamais digérée, témoignent plusieurs acteurs de la vie locale.
Condamné à trois mois d'inéligibilité
Entre-temps, Joseph Francis a pris la tête de l'UDI 34. À Montpellier, les suspicions quant à la régularité de son élection vont bon train. Dans son communiqué de presse, faisant suite à sa suspension provisoire de l'UDI, Anne Brissaud ne mâche pas ses mots : "Je ne suis pas étonnée d'un recours fomenté par une personne dont j'ai toujours contesté l'élection." Dans les faits, l'élue n'a fait que soutenir en son nom, et non en celui de l'UDI, Marie-Laure Brouillard-Tanguy, elle aussi suspendue par la Commission nationale d'arbitrage et de transparence (CNAT) de l'UDI. Cette artisane, bien connue des Montpelliérains pour son militantisme actif, est candidate divers droite dans le canton Montpellier 5, celui du centre historique. Pour l'occasion, elle s'est alliée à Félix Alary, le patron du Modem local.
Une alliance que Joseph Francis n'aurait pas appréciée, jugeant que la candidature de Marie-Laure Brouillard-Tanguy était dissidente. Ce que conteste vivement Anne Brissaud en rappelant qu'aucun logo de l'UDI n'a été apposé sur les affiches électorales. "Je dois les déranger", estime l'élue municipale, tout en rappelant que son "adversaire" vient d'être condamné à trois mois d'inéligibilité pour mauvaise gestion de ses comptes de campagne. Contacté par Le Point.fr, Joseph Francis n'a pas donné suite à nos appels.
Par Nicolas Guégan
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